Il n’y a pas que les feuilles qui tombent en forêt, c’est le temps de la chute des bois chez les cerfs en ce début d’année. Les grands vieux mâles perdent leur bois généralement en premier mais je pense qu’il y a aussi un déterminisme génétique pour expliquer les décalages dans le temps de la chute des bois entre individus.
Ce processus physiologique est toujours aussi impressionnant puisque les bois tombent soudainement comme des feuilles mortes suite à une rupture brutale au niveau de la zone d’insertion du bois sur le pivot du crâne. Cette perte des bois coïncide avec un taux de testostérone au plus bas dans l’organisme. Très rapidement et ce seulement après une semaine, une nouvelle membrane recouvre déjà le pivot. Difficile de s’imaginer alors que d’ici 4 mois, les cerfs auront retrouvé leur ramure définitive de près de 1 m de longueur.
Comme je ne cherche pas les mues en forêt en cette période, je peux me consacrer pleinement à photographier les cerfs mulets et en début de repousse des velours. J’adore leur expression avec leur tête massive et carrée. Des moments privilégiés pour poursuivre ma quête de connaissances sur cette espèce emblématique de nos forêts.
Ces deux images représentent le même individu avec une semaine d’écart. Images réalisées en milieu naturel avec un cerf libre et sauvage.


Ce matin là, à 9h, la forêt avait retrouvé son calme après l’effervescence de la nuit. Les cerfs étaient déjà remisés et seuls quelques légers raires retentissaient de temps en temps dans la remise voisine. Soudain vers 9h15, un puissant et bref raire est poussé par un cerf à quelques centaines de mètre dans la parcelle voisine. Quelques instants plus tard, le cerf surgit motivé et prend la direction de la remise. Le cerf remisé vient immédiatement à son contact et les deux protagonistes sortent de la remise pour une marche parallèle. Les deux cerfs se jaugent alors. Le maître des lieux poussent alors un dernier raire comme un dernier avertissement. Personne ne veut céder. Le combat devient désormais inéluctable ! Pendant près d’une heure, les deux cerfs vont se tester, s’affronter à plusieurs reprises lors de brèves joutes.
Etre témoin d’une telle scène de vie sauvage avec des animaux libres et sauvages reste un privilège pour un naturaliste …

Septembre pointe son nez … les grands cerfs jusqu’ici dès plus discrets rejoignent les places de brame pour le rituel de la reproduction. Les raires commencent à retentir en forêt … des cris rauques pour marquer leur territoire et fort probablement stimuler les biches à entrer en oestrus. Plus question de copinage entre eux, les clans du printemps ont explosé et la compétition est rude pour conquérir les biches et se reproduire.
Depuis quelques années maintenant, je privilégie les ambiances forestières pour tenter d’immortaliser ces instants de vie sauvage. Ce cerf est libre et sauvage.
