Catégorie "Reportages: Voyages"

25 octobre 2015  |  Aucun commentaire  |  

Situé en Norvège à environ 150 km au sud de Trondheim, le parc national de Forollhogna d’une superficie de 1062 km² offre de vastes territoires sauvages avec de hauts plateaux de toundra mais aussi des vallées humides tourbeuses et de bouleaux.

Forollhogna, outre sa riche biodiversité avec de nombreuses espèces animales qui viennent s’y reproduire au printemps, est surtout réputé  pour sa population de rennes sauvages; la plus importante d’Europe avec près de 2000 individus après la saison de chasse. Début octobre, alors que la toundra et les forêts de bouleaux se parent de couleurs automnales flamboyantes, les rennes se regroupent pour la saison de reproduction. Les groupes, de taille variable, se composent principalement de femelles et de plusieurs grands mâles. Ces derniers circulent au sein du groupe en fonction du degré de réceptivité des femelles entrainant régulièrement de brèves joutes.

Pendant douze jours, avec deux amis Michel d’Oultremont et David Potron, nous avons sillonné le parc de Forollhogna pour photographier le rut des rennes. Trouver les rennes dans cette immensité n’est pas chose aisée et nous avons dû nous armer de patience, parcourir près de 20 km de marche  par jour. Mais une fois un groupe localisé, après une longue approche, le bruit des piétinements des animaux et le grognement des mâles   nous ont offert des instants sauvages magiques.

Forollhogna 1

Forollhogna 4

Forollhogna renne 1

Forollhogna renne 2

Forollhogna renne 13

Forollhogna renne 14

Forollhogna 2

Forollhogna renne 3

Forollhogna renne 4

Forollhogna renne 5

Forollhogna renne 6

Forollhogna 3

Forollhogna renne 9

Forollhogna renne 10

Forollhogna renne 11

Forollhogna 5

Forollhogna renne 7

Forollhogna renne 8

Forollhogna renne 12

Forollhogna renne 16

N’hésitez pas également à visiter les sites internet de mes deux amis de voyage :

Michel d’Oultremont : www.micheldoultremont.com

David Potron : www.david-potron.com

 

C’est l’histoire d’un cerf surnommé « bois tordus » suivi depuis trois années sur l’île Jura en Ecosse.

2012 … sur les hauts plateaux tourbeux , « bois tordus » domine sa place de brame avec vigueur pour écarter les concurrents et garder le contrôle de sa harde.

Dramaturgie brame 8

 

2013 ….  une année plus tard, « bois tordus » est toujours un très beau cerf adulte maitre incontesté du harem de biches qui occupent cette petite prairie de fond de vallée.

 

Dramaturgie brame 7

 

2014 … une nouvelle saison de brame débute pour « bois tordus ». C’est toujours une grande satisfaction de retrouver un cerf qu’on connait depuis maintenant trois ans. Toujours fidèle au poste, « bois tordus » contrôle toujours et encore sa place de brame et le harem de biches de la petite prairie. En journée il rejoint une autre harde qui se remise sur les hauts plateaux tourbeux. Le soir venu, il descend dans la vallée récupérer son harem. « Bois tordus » semble vouloir contrôler cette année les deux hardes des hauts plateaux et de la vallée.

Dramaturgie brame 1

 

En cette semaine de la mi-octobre, « bois tordus » est en pleine saison de reproduction. Les phéromones émises par la biche en chaleur attirent « bois tordus » et déclenchent des comportements d’accouplement. La biche réceptive semble être prête à accepter les faveurs du maitre.

Dramaturgie brame 2

 

Deux jours plus tard après avoir observé et photographié « bois tordus » sur les hauteurs, le soir venu, le maitre descend vers la vallée pour rejoindre son harem. Comme souvent un jeune cerf avait profité de son absence de la journée pour prendre le contrôle de la harde. Mais ce soir là, le jeune cerf ne semblait pas vouloir laisser sa place et la seule issue possible était alors un duel entre les deux prétendants.

 

Dramaturgie brame 3

 

Une violente joute s’engage alors entre les deux cerfs avec des phases de repos tête contre tête et des phases où les deux cerfs, arque-boutés sur les membres postérieurs, tentent de déstabiliser l’adversaire. Le combat est équilibré et après un quart d’heure, aucun des deux protagonistes ne semblent fléchir et céder sa place … puis …. peut être sous l’effet de la fatigue où suite à un mauvais appui au sol,  « bois tordus » disparait de ma vue et se retrouve au sol. Le jeune cerf profita alors de ce moment de faiblesse pour enfourcher à deux reprises « bois tordus » avant de se retourner et rejoindre le harem de biches.

Dramaturgie brame 4

 

Plaqué au sol,  haletant, « bois tordus » essaie de se redresser sur ses pattes antérieures mais, impossible, son postérieur semble touché … au moment de sa chute, sa colonne vertébrale a du être touchée. La nuit tombe et nous devons quitter la zone avec une multitude d’interrogations sur l’avenir de ce cerf. « Bois tordu » semble désormais condamné …

Le lendemain matin, nous revenons sur le secteur pour découvrir la macabre scène … « bois tordu » n’est plus ….

Dramaturgie brame 5

 

Le jeune cerf au corps massif est désormais le nouveau maitre de place.

Dramaturgie brame 6

Après discussion avec un Ecossais, « bois tordus » dominait la place depuis probablement 4 ans et devait être âgé d’environ 12 ans. Nous venions d’être témoin d’une expérience naturaliste à la fois rare et exceptionnelle. Cette scène de vie démontre que la nature n’a aucune pitié et seul le plus fort a sa place pour engendrer une descendance et ainsi transmettre  ses gènes à la génération future. La sélection naturelle a encore joué son rôle !

 

Cette séquence a été réalisée au cours de trois voyages sur l’île Jura dont les deux derniers lors de stage Photo Nature organisés par l’association Eresus-Nature (accompagnateurs : David Greyo et Christophe Salin).

http://christophesalin.com/stages/