Le sol constitue l’un des trois habitats les plus diversifiés de la planète avec les fonds marins et la forêt équatoriale. Mais malheureusement cette biodiversité est menacée par les diverses activités humaines et les changements climatiques.

Le sol subit ainsi d’importantes contraintes avec l’intensification des pratiques agricoles mais aussi forestières (tassement des sols, érosion, pollution, déforestation …). Les conséquences sont alors majeures sur la biodiversité, une baisse de diversité due au fait que les organismes vivants n’ont pas le temps de se déplacer ou de s’adapter à ces changements brutaux !

ambiance automne

Les ingénieurs des écosystèmes sont définis comme des organismes qui physiquement modifient, maintiennent ou créent des habitats. Dans le sol, une multitude d’espèces participent à la dégradation de la matière organique de surface et son intégration dans les horizons inférieurs du sol.

collembole 2

Collembole Dicyrtomina sp.

glomeris

Gloméris sp.

Ainsi lorsqu’une feuille à l’automne tombe au sol, celle-ci va subir les attaques de l’eau puis les ingénieurs du sol vont progressivement réduire la feuille en petits fragments pour au final après un long processus libérer divers éléments minéraux nutritifs (carbone, azote, phosphore …) indispensables à la croissance des plantes.

Les champignons attaquent dans un premier temps la surface de la feuille fragilisant alors les tissus. Puis les collemboles rentrent en action pour détruire l’épiderme de la feuille tout en mangeant aussi des champignons  et des larves de diptères vont ensuite agrandir les ouvertures.

champignon

Développement de champignons

collembole 5

Mycélium de champignons et collembole

galerie diptère

Galerie de larve de diptère

collembole 6

Collembole Entomobrya sp.

Dans un second temps, des espèces plus grandes appartenant au groupe des macro-arthropodes (Isopodes, Myriapodes) vont poursuivre cette déstructuration de la feuille en s’attaquant aux parties plus résistantes que sont les nervures. La feuille devenue un squelette, les fragments sont alors à nouveau consommé par des Nématodes, collemboles et acariens oribates.

iule

Myriapode Diplopode iule

polydesme

Myriapode Diplopode polydesme

collembole 4

Collembole sur feuille dégradée par les divers arthropodes

cloporte

Isopode cloporte

oribate 2

Acarien oribate

La dernière étape consiste dans l’incorporation de ces fragments et éléments nutritifs dans le sol et c’est à ce stade que le vers de terre  rentre en action. Non seulement ce champion des ingénieurs du sol participe à l’enrichissement naturel du sol mais aussi à la régulation des eaux avec ses galeries et à l’aération des sols.

vers de terre

Profil de sol avec vers de terre

11 novembre 2015  |  19 Commentaires  |  

 A l’heure où dans les forêts françaises le brame du cerf se termine, l’avenir du plus grand de nos cervidés est en danger dans nos massifs domaniaux. La politique actuelle des dirigeants de l’ONF va dans le sens d’une forte diminution des populations de cervidés. Cette situation pourrait être acceptable si en effet nous étions dans une phase de fort développement des populations. Or il en est rien ! De nombreuses forêts sont déjà sur la liste noire où  les naturalistes et même les chasseurs s’inquiètent de cette situation : forêts de Eawy, Halatte, Compiègne, Mormal, Rambouillet, Sillé le Guillaume, Perseigne ….  un simple exemple, en forêt de Sillé le Guillaume située en Sarthe, les comptages du printemps dernier ont révélé la présence de 26 grands cervidés sur 3376 ha ! Evidemment ce n’est qu’une estimation mais est ce normal d’arriver à un tel niveau  ?  Alors pourquoi continuer cette politique ?

cerf 1

Une mauvaise interprétation des chiffres ? Pour cautionner cette politique, l’ONF s’appuie sur une étude menée par le ministère de l’agriculture relatant que les populations de cerfs ont quadruplé durant les 25 dernières années. Or ce chiffre ne reflète pas la réalité de terrain et de nombreux acteurs pourront le confirmer aisément. L’expansion du cerf s’est accrue en 25 ans en colonisant de nouveaux territoires et il est possible que localement certaines populations se soient donc fortement développées mais est ce la réalité sur l’ensemble des massifs domaniaux ?  Chaque massif est un cas particulier et nécessite donc la mise en place d’une réflexion locale adaptée !  Par contre ce qui est certain c’est que le nombre de cerfs déclarés tuées a été multiplié par 4 durant les 20 dernières années (9358 en 1984-1985 contre 39721 en 2004-2005 selon les sources de l’article publié dans la revue « Connaissance de la chasse, mai 2015). Or un accroissement du nombre de cerfs prélevés ne signifie pas forcément que le nombre d’animaux a augmenté ! Bien au contraire puisque depuis plusieurs années, nous voyons les populations décroitre localement !

cerf 2

cerf 3

La peur de voir exploser les populations ? Cela n’a aucun sens puisque dans la majorité des massifs des comptages sont réalisés au printemps et avec un faible taux de reproduction de 1 faon par an (fort différent de celui des sangliers), cela semble difficile de se retrouver dans cette situation du jour au lendemain !

cerf 4

Des pressions économiques ?  L’ONF rencontre des difficultés financières et doit rétablir l’équilibre de ses comptes. Il faut donc accroitre la rentabilité des forêts ! D’ailleurs les coupes forestières s’accélèrent ces dernières années laissant place à de grandes surfaces de régénération.  Alors pourquoi faire des aménagements sur ces zones de régénérations pour limiter l’impact de la faune  (protection  ou création de prairies qui représentent un coût)  si on peut mettre en place une solution plus simple et radicale ? En 2012 lors d’un échange avec un agent forestier de l’ONF sur Bercé, celui-ci me disait qu’il n’y avait plus de dégâts significatifs sur la régénération forestière … et pourtant on continue à appliquer cette politique … le nombre de biches à prélever ne cesse d’augmenter  !  Comme si la décision était prise dans les bureaux sans tenir compte de la réalité du terrain …. Sommes nous dans une société de tolérance zéro guidée uniquement par les enjeux financiers ? …. malheureusement oui !

Sachez également que la loi d’avenir agricole de septembre 2014 soumet dorénavant la gestion du grand gibier aux intérêts financiers sylvicoles. La porte est donc grande ouverte pour poursuivre cette politique dévastatrice !

cerf 6

cerf 5

Les dégâts sur les cultures ? Il est également souvent  évoqué comme  argument à cette politique les dégâts sur les cultures avoisinantes aux forêts. Il est impossible de nier que localement il puisse y avoir des dégâts sur les cultures. D’ailleurs un système d’indemnisation est mis en place pour cela.  Là aussi, il est étonnant d’entendre un responsable de la gestion du cerf sur Bercé indiquer que 75% des dégâts sont attribués aux sangliers ! Dans ce cas, pourquoi poursuivre cette politique sur le cerf ? Pour diminuer les impacts sur les cultures, pourquoi ne pas mettre en place des systèmes de protection adaptés (qui existent déjà en théorie mais souvent non installés) et surtout pourquoi ne pas déjà arrêter de nourrir artificiellement les sangliers ?

cerf 7

Une biodiversité forestière en péril ! Rien de nouveau à cela malheureusement ! Le cerf n’est qu’une n ième espèce qui s’ajoute à la longue liste. Evidemment cette espèce ne va pas disparaitre du territoire mais doit on se satisfaire pour autant de cette situation ? Le cerf appartient à la biodiversité forestière et participe également au fonctionnement de cet écosystème. La biodiversité ne doit pas se cantonner  à des réserves naturelles ou au bout du monde.  La biodiversité est partout et surtout à nos portes ! La biodiversité n’a pas de valeur marchande et c’est bien là le problème. Rien ne nous oblige à la conserver si ce n’est une obligation morale de transmettre aux générations futures ce patrimoine naturel.

cerf 8

cerf 9

Comme le souligne Guy Bonnet, spécialiste du cerf en France,  dans un plaidoyer pour le cerf … le cerf est RES NULLIUS … c’est à dire qu’il appartient à personne et aucune catégorie d’intérêts ne peut décider seule de son avenir !

Je vous invite vivement à lire le sujet « Cerf : réelles menaces » publié dans connaissance de la chasse (mai 2015) – échanges entre Guy Bonnet et un haut responsable de l’ONF.

25 octobre 2015  |  Aucun commentaire  |  

Situé en Norvège à environ 150 km au sud de Trondheim, le parc national de Forollhogna d’une superficie de 1062 km² offre de vastes territoires sauvages avec de hauts plateaux de toundra mais aussi des vallées humides tourbeuses et de bouleaux.

Forollhogna, outre sa riche biodiversité avec de nombreuses espèces animales qui viennent s’y reproduire au printemps, est surtout réputé  pour sa population de rennes sauvages; la plus importante d’Europe avec près de 2000 individus après la saison de chasse. Début octobre, alors que la toundra et les forêts de bouleaux se parent de couleurs automnales flamboyantes, les rennes se regroupent pour la saison de reproduction. Les groupes, de taille variable, se composent principalement de femelles et de plusieurs grands mâles. Ces derniers circulent au sein du groupe en fonction du degré de réceptivité des femelles entrainant régulièrement de brèves joutes.

Pendant douze jours, avec deux amis Michel d’Oultremont et David Potron, nous avons sillonné le parc de Forollhogna pour photographier le rut des rennes. Trouver les rennes dans cette immensité n’est pas chose aisée et nous avons dû nous armer de patience, parcourir près de 20 km de marche  par jour. Mais une fois un groupe localisé, après une longue approche, le bruit des piétinements des animaux et le grognement des mâles   nous ont offert des instants sauvages magiques.

Forollhogna 1

Forollhogna 4

Forollhogna renne 1

Forollhogna renne 2

Forollhogna renne 13

Forollhogna renne 14

Forollhogna 2

Forollhogna renne 3

Forollhogna renne 4

Forollhogna renne 5

Forollhogna renne 6

Forollhogna 3

Forollhogna renne 9

Forollhogna renne 10

Forollhogna renne 11

Forollhogna 5

Forollhogna renne 7

Forollhogna renne 8

Forollhogna renne 12

Forollhogna renne 16

N’hésitez pas également à visiter les sites internet de mes deux amis de voyage :

Michel d’Oultremont : www.micheldoultremont.com

David Potron : www.david-potron.com

 

C’est l’histoire d’un cerf surnommé « bois tordus » suivi depuis trois années sur l’île Jura en Ecosse.

2012 … sur les hauts plateaux tourbeux , « bois tordus » domine sa place de brame avec vigueur pour écarter les concurrents et garder le contrôle de sa harde.

Dramaturgie brame 8

 

2013 ….  une année plus tard, « bois tordus » est toujours un très beau cerf adulte maitre incontesté du harem de biches qui occupent cette petite prairie de fond de vallée.

 

Dramaturgie brame 7

 

2014 … une nouvelle saison de brame débute pour « bois tordus ». C’est toujours une grande satisfaction de retrouver un cerf qu’on connait depuis maintenant trois ans. Toujours fidèle au poste, « bois tordus » contrôle toujours et encore sa place de brame et le harem de biches de la petite prairie. En journée il rejoint une autre harde qui se remise sur les hauts plateaux tourbeux. Le soir venu, il descend dans la vallée récupérer son harem. « Bois tordus » semble vouloir contrôler cette année les deux hardes des hauts plateaux et de la vallée.

Dramaturgie brame 1

 

En cette semaine de la mi-octobre, « bois tordus » est en pleine saison de reproduction. Les phéromones émises par la biche en chaleur attirent « bois tordus » et déclenchent des comportements d’accouplement. La biche réceptive semble être prête à accepter les faveurs du maitre.

Dramaturgie brame 2

 

Deux jours plus tard après avoir observé et photographié « bois tordus » sur les hauteurs, le soir venu, le maitre descend vers la vallée pour rejoindre son harem. Comme souvent un jeune cerf avait profité de son absence de la journée pour prendre le contrôle de la harde. Mais ce soir là, le jeune cerf ne semblait pas vouloir laisser sa place et la seule issue possible était alors un duel entre les deux prétendants.

 

Dramaturgie brame 3

 

Une violente joute s’engage alors entre les deux cerfs avec des phases de repos tête contre tête et des phases où les deux cerfs, arque-boutés sur les membres postérieurs, tentent de déstabiliser l’adversaire. Le combat est équilibré et après un quart d’heure, aucun des deux protagonistes ne semblent fléchir et céder sa place … puis …. peut être sous l’effet de la fatigue où suite à un mauvais appui au sol,  « bois tordus » disparait de ma vue et se retrouve au sol. Le jeune cerf profita alors de ce moment de faiblesse pour enfourcher à deux reprises « bois tordus » avant de se retourner et rejoindre le harem de biches.

Dramaturgie brame 4

 

Plaqué au sol,  haletant, « bois tordus » essaie de se redresser sur ses pattes antérieures mais, impossible, son postérieur semble touché … au moment de sa chute, sa colonne vertébrale a du être touchée. La nuit tombe et nous devons quitter la zone avec une multitude d’interrogations sur l’avenir de ce cerf. « Bois tordu » semble désormais condamné …

Le lendemain matin, nous revenons sur le secteur pour découvrir la macabre scène … « bois tordu » n’est plus ….

Dramaturgie brame 5

 

Le jeune cerf au corps massif est désormais le nouveau maitre de place.

Dramaturgie brame 6

Après discussion avec un Ecossais, « bois tordus » dominait la place depuis probablement 4 ans et devait être âgé d’environ 12 ans. Nous venions d’être témoin d’une expérience naturaliste à la fois rare et exceptionnelle. Cette scène de vie démontre que la nature n’a aucune pitié et seul le plus fort a sa place pour engendrer une descendance et ainsi transmettre  ses gènes à la génération future. La sélection naturelle a encore joué son rôle !

 

Cette séquence a été réalisée au cours de trois voyages sur l’île Jura dont les deux derniers lors de stage Photo Nature organisés par l’association Eresus-Nature (accompagnateurs : David Greyo et Christophe Salin).

http://christophesalin.com/stages/

 

26 février 2012  |  3 Commentaires  |  

 Fin février  … alors que la nature est encore engourdie par les assauts successifs de l’hiver … La vie commence déjà à s’animer sur le torrent … Les « zit zit » trahissent la présence du cincle plongeur qui sillonne activement son territoire  telle une fusée rasant la surface de l’eau … Le temps des amours du cincle approche !

Le temps des parades … Perché sur ses promontoirs favoris, le mâle lance sa sérénade dans la brume hivernale pour marquer son territoire et attirer une femelle pas encore sédentarisée. Le passage d’une femelle éveille les sens du mâle qui s’adonne alors à un long rituel de parade … perché sur son rocher, redressé sur ses pattes, le torse bombé, la tête orientée vers le ciel, les ailes écartées … le mâle émet alors son puissant chant d’excitation !

Le temps de la construction … Le mâle construit ou rénove généralement plusieurs nids sur son territoire dans les berges du torrent ou sous un pont. Il prélève ainsi des brindilles ainsi que de la mousse sur les berges er arbres puis les trempent soigneusement dans l’eau avant de les trasporter vers le nid. En fin de construction, le mâle sélectionne des feuilles (souvent de hêtre) de plus en plus petites pour tapisser le fond du nid. C’est finalement la femelle qui choisira ensuite le nid qui lui semble le plus adéquat pour assurer sa future reproduction. La resistance du nid sera ensuite tester lors des accouplements.

Le temps du nourrissage … A la mi-avril, après deux semaines de couvaison pendant lesquelles le torrent a retrouvé un calme temporaire, la vie reprend de plus belle ! Le couple s’active désormais au nourrissage des jeunes. Cest une véritable course contre la montre qui débute. Les jeunes poussins doivent très vite prendre des forces pour assurer leur survie avec les dernières gelées nocturnes. Les adultes réalisent d’incessants allers et retours pour satisfaire l’apétit grandissant des jeunes.

L’adulte choisit soigneusement les sites de pêche pour leur richesse en larves d’insectes: des eaux souvent peu profondes et parsemées de rochers affleurant. Tel un submersible, il plonge pendant plusieurs secondes pour aller  ceuillir des larves, puis il remonte le courrant en marchant sous l’eau, bondit sur une pierre, puis remplonges pour regagner un rocher le bec rempli de larves.

Le temps de l’envol … Après environ trois semaines, les jeunes quittent le nid tout en continuant de quémander de la nourriture aux parents. Alors que les jeunes ne sont pas encore émancipés, les adultes entame immédiatement les préparatifs de la seconde nichées.